L'équipée (faussement) sauvage (6 / 10)
Quatrième réalisation pour le réalisateur de Full Monty, qui fait son grand retour avec une comédie potache sur le rock, visiblement inspiré par le succès critique relatif du Rock academy de Jack Black. Adulescent de quarante ans ex-rocker aujourd'hui reconverti en standardiste téléphonique, Fish mène une vie morne et solitaire, vivant avec la vision de Vesuvius, son ancien groupe, devenu célèbre sans lui. Il perd son boulot et sa femme, et emménage chez sa soeur en attendant de trouver un nouveau job. Pour dépanner son neveu, il va jouer dans son groupe en tant que batteur. Évidemment, un batteur eighties porté sur le glam rock jouant avec un groupe indie adolescent donne un résultat plutot versatile mais Fish n'a pas perdu de son rythme en 20 ans... Le groupe fonctionne, enregistre une démo, est signé à l'arrache par une major qui lance une tournée promo, et les problèmes déboulent.
Assurément crétin, gentillet et vaseux, The rocker montre toutefois très vite ses limites pour le fan de musique bruyante. Là où Rock academy brillait par toutes les petites références au monde du rock et un résultat entre humour anglais typique et comédie potache, ici c'est juste potache. Et au final franchement long. Les personnages sont ultra caricaturaux, entre le vieux loser généreux et les jeunes blancs becs blasés composés d'une bassiste grunge branleur, d'un chanteur emo dépressif et d'un clavieriste looké comme un nerd. Rainn Wilson va jusqu'à repomper Jack Black dans son jeu, ce que n'améliore pas un doubla affligeant rendant le film ultra pénible au bout d'une demi heure. La scène d'ouverture laissait inaugurer un film au moins aussi délirant et foutraque que celui de Black, mais tout cela vire très vite à la gentille vision sponsorisée par le syndrome Highschool musical faussement rebelle et complètement balourd. Le film tente bien quelques messages sympathiques (il n'y a pas que l'attitude et l'excès dans le rock) mais se contredit lui même avec son montage sorti tout droit d'un clip MTV pour jeunes à base de clichés ambulants, de rock lissé pour ne pas faire de vague et d'acteurs pas vraiment convaincants.
Mieux vaut retourner voir le gros Jack tenter d'expliquer ce qu'est Black Sabbath à des gamins d'école primaire, l'innocence parfaite de ces derniers permettant de délivrer à l'écran une véritable déclaration d'amour à la musique du diable, en comparaison du laborieux cheminement de ce film cherchant surtout à nous prouver que malgré sa morale facile, le rock passe avant tout par un Myspace, un look étudié et un music-business corrompu qui finit toujours pas abdiquer en faveur du véritable talent. C'est drôle mais j'ai quand même un doute.
Par Laurent B. le 6 May 2010.
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