Ce que veulent les femmes (7 / 10)
Un Spike Lee inhabituel, où au lieu de la castagne on a un golden boy qui se fait blouser par sa compagnie. Le yuppie se retrouve avec un train de vie faramineux dont les comptes bancaires servant à l'assurer sont alors bloqués. Alors il accepte d'aider une ex à lui devenue lesbienne, qui va petit à petit le transformer en une banque de sperme ambulante !
Difficile de se faire une opinion définitive tant les thématiques abordées et leurs vocations moralistes semblent se tirer dans le pied l'une et l'autre. Dénonciation sous-jacente de la féminisation de la société, où le pouvoir, trop occupé à piquer dans la caisse, libéralise les moeurs à outrance dans une logique capitaliste abjecte (les hommes qui commercialisent leurs spermes) sur fond de revendication minoritaire érigées en normalité en puissance? Ou bien tentative maladroite de banaliser un mode de vie marginal, au risque d'engendrer des dérives sociologiques comme celle dépeintes dans le film, sur fond de happy end improbable, voir proprement utopique ?
She hates me est loin d'être le meilleur Spike Lee, film bancal et brouillon, mais il reste aussi drôle, cynique, désabusé, frais, second degré, romantique, triste et pétillant, acide et si réaliste aussi. Une bonne surprise qui aurait mérité un peu plus de travail de précision dans sa narration.
Par Laurent B. le 12 May 2010.
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