Folie furieuse dans les ténèbres (8 / 10)
Un film du réalisateur allemand quasiment inconnu Christian Alvart, et réalisé avec des techniciens de Paul W.S. Anderson (on ne choisit pas ses collègues..), rien ne laissait présager un avenir à Pandorum. Deux astronautes se réveillent au milieu de leur vaisseau parti pour.. on ne sait pas trop en fait. Dennis Quaid (commandant barbu paternaliste qui beugle en brandissant des barres de fer) et Ben Foster (mâchoire serrée et qui fait les gros yeux en lattant du zombie de l'espace) sont en slip, tremblent de froid et totalement amnésiques. Évidemment, un vilain truc a embarqué sur le vaisseau et un jeu de chasse commence dans les couloirs... bien vite, le scénario creuse un véritable casse tête pour relier les assaillants, la mission et les mystères qui entourent l'expédition.
Difficile de parler de Pandorum sans dévoiler beaucoup de choses, tant les révélations se succèdent tout au long des deux heures du film, jusqu'à un final infernal et étonnant qui lève le voile sur les questions de nos astro-amnésiques. Le trip est assumé, Alvart fait abstraction de toutes norme et se fait plaisir. De l'espace, le spectateur n'en verra rien, pas même une étoile, son terrain de jeu se limite au vaisseau. Outre Alien et Event horizon, on pense à Doom, Dead Space, The Descent ou Predator. De la copie-couloir d'Alien, le film dérive vers la SF pure, proposant une intrigue, des moments d'action, un inévitable réacteur qui menace d'exploser, et un trip scénaristique retors et moins classique qu'il n'y paraît, même si beaucoup le trouveront énorme et cousu d'incohérences. Mais pris tel quel, il propose une trame originale doublée d'un étonnant parcours dans des décors crédibles, malgré une réalisation épileptique jouant sur les cuts jusqu'à l'overdose. L'histoire de Pandorum est réellement maléfique dans le sens où elle contribue vraiment à rendre la chose monstrueuse, pas seulement dans le délire de la boucherie spatiale, mais dans l'origine de l'histoire elle aussi.
Malgré des défauts perceptibles (acteurs parfois cabotins, et un montage confus durant les affrontements), Pandorum est un vrai film de SF, avec des monstres qui hurlent en dévorant des humains, des fumisteries géopolitiques et des virus, une histoire qu'on ne comprend qu'à la fin, bref, le film dépasse le simple Alien-like pour proposer un vrai contexte, se réinventant constamment par son jusqu’au-boutisme, sa violence tribale, sa noirceur d’âme élevée en philosophie et son refus viscéral des raccourcis narratifs. Une bonne petite surprise dans un genre trop souvent miné aujourd'hui par les productions visuelles sans âme.
Par Laurent B. le 16 April 2010.
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