L’invitation déguisée (8 / 10)
« Il y a toujours deux raisons pour faire quelque chose : une bonne raison et la vraie raison! » Dale Carnegie
Les invités de mon père est un entonnoir. Un film au cours duquel l'étau se resserre de plus en plus pour mieux nous faire comprendre la complexité des relations familiales. Voici le premier volet de l'histoire, un père de famille octogénaire, militant des droits de l'homme qui s'embarque dans un mariage blanc pour régulariser une jeune mère russe et sa fille. La bonne raison.
Puis arrive le second volet. C'est ici que le pêle-mêle des sentiments prend tout son sens. Chacun y va de sa petite morale, mais surtout défend son propre intérêt. Le fils qui n'accepte que moyennement cette « pute » comme il l'appelle. La sœur perdue entre son admiration patriarcale et la solidarité fraternelle ; Et enfin (pour couronner le tout) la relation, malsaine, entre l'hôte, qui se cherche une seconde jeunesse, et son invitée. La vraie raison. Une histoire d'amour à sens unique dans laquelle l'octogénaire en plus de ses invités reçoit un électrochoc qui le conduit tout droit à l'hôpital.
Mais ce qu'il y a de bien lorsque l'on regarde Les invités de mon père, outre l'excellent jeu des acteurs, c'est qu'il n'y a pas de parti pris. Chacun en prend pour son grade. Et c'est à travers ce tumulte familial que la question des sans-papiers prend tout son sens. Doit-on plaindre cette pauvre femme russe prête à tout pour sauver sa fille de la misère ? Ou plutôt cette pauvre famille bourgeoise dont la vie et les relations vont être chamboulées par l'arrivée d'une profiteuse ?
Les invités de mon père est un film à couper le souffle, simplement parce qu'au fond et encore faut-il l'admettre, il y a une part de nous même en chacun des personnages.
Par Marion F. le 3 August 2010.
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