Critique du film La chambre du fils (7 / 10)
CHAMBRE NOIRE
Avec "La Chambre du fils", Nanni Moretti, cinéaste consacré de "Journal Intime" (prix de la mise en scène à Cannes 1994), s'attaque à un sujet des plus casse-gueule : le deuil familial. On aurait pu craindre les pires débordements lacrymaux si fréquents avec ce genre de film. Mais le plus égocentrique des réalisateurs italiens s'en tire ici avec les honneurs. Le sujet est traité avec une étonnante sobriété. On pleure, évidemment, devant cette "Chambre du fils" mais sans jamais avoir l'impression d'être poussé. Par la grâce d'une mise en scène et une interprétation tout en nuances, Nanni Moretti parvient à se sortir haut la main de toutes les scènes inhérentes au mélo. Le réalisateur, manifestement très impliqué, chérit ses personnages et se garde bien de les juger. Il scrute la manière qu'à chacun de réagir face au drame sans jamais tomber dans le pseudo-voyeurisme. Nanni Moretti acteur, est presque présent dans toutes les scènes du film. Une manie chez lui puisqu'il interprétait son propre rôle dans ses deux précédents opus ("Journal Intime" et "Aprile"). Cette omniprésence à l'écran implique bien souvent un traitement plus léger des autres personnages. D'autant que Laura Morante dans le rôle de la mère et Jasmine Trinca dans celui de la fille sont très convaincantes. ette réserve mise à part, "La Chambre du fils" reste un bon cru. Il subsiste de fortes chances pour que le jury cannois lui décerne sa Palme d'or. A raison, si on en croit le public français qui se précipite ces jours-çi dans les salles.
Par zoom-Cinema.fr le 18 May 2001.
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