Critique du film L'homme sans passé (7 / 10)
AKI LA PALME ?
"Ici, c'est l'ANPE.
L'école d'art dramatique, c'est en face."
Souvent, les gens que je connais me demandent si je n'en ai pas marre d'aller au cinéma. Ben franchement non, au contraire, c'est toujours un régal pour moi. C'est vrai que je pourrais bien prendre en aversion tout ce qui ressemble à un grand écran, à force, mais en fait, que le film soit bon ou minable, j'ai toujours la foi en entrant dans la salle. Bien évidemment, il y a des moments plus glorieux que d'autres ; par exemple, Blanche ou Le Boulet étaient des instants difficiles, une sorte de chemin de croix, un prix à payer pour ensuite pouvoir mieux apprécier les VRAIS films. La récompense suprême étant de tomber sur une bonne surprise. Ça tombe bien, voici L'Homme Sans Passé. Mais rien n'est jamais gagné d'avance. J'aime les grosses productions américaines, du Seigneur des Anneaux à Spiderman.
Les films d'auteurs, je dis que j'aime aussi histoire de ne pas passer pour un gros beauf, mais à part Lynch et les films sado-maso japonais. Seulement voilà, L'Homme Sans Passé a reçu le label des spectateurs UGC. Quelle que soit la séance à laquelle vous avez assistée récemment dans ce circuit, vous avez vu cette bande-annonce vantant le "Meilleur film de l'année élu par la critique internationale". Fffiu, ça en fait des raisons d'être déçu. Et pourtant non, rien n'y fera ; L'Homme Sans Passé est un beau et grand film. A tel point que l'on se demande fréquemment en le découvrant si c'est bien le même Aki Kaurismäki qui a réalisé auparavant l'inepte trilogie sur les Leningrad Cowboys. Renseignements pris, oui.
Vraisemblablement sevré d'alcool (le bonhomme se définissant lui-même comme un poivrot notoire) pendant toute la durée du tournage pour composer de si beaux plans (sens du cadrage et de la couleur resplendissants), Aki Kaurismäki touche juste avec ses gags glacés qu'il a le bon goût de filmer avec une simplicité déconcertante. Mais c'est bien connu, les meilleures comédies sont celles qui, en plus de faire rire, fournissent des émotions durables au cortex du spectateur (Le Kid ou L'été de Kikujiro en sont de bons exemples). De ce côté aussi, le réalisateur finlandais réussit là où d'autres vont se vautrer avec la mièvrerie ou le larmoyant (non n'insistez pas, j'en ai marre de balancer). L'histoire secondaire de l'ancien patron criblé de dettes est à cet égard remarquable et assez représentative de ce qu'est L'Homme Sans Passé : un magnifique plaidoyer pour la dignité humaine.
Par zoom-Cinema.fr le 6 November 2002.
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