Critique du film Intervention divine (7 / 10)
Chronique d'un somnifère
- "Un ballon essaye de passer ! On peut le descendre?"
Alors voilà, l'autre jour j'étais un peu fatigué, levé tôt, pas beaucoup dormi, et avec ma grande ouverture d'esprit (quand même, je regarde des films avec Jean-Claude Van Damme...) je me suis dit "tiens, y en a marre des gros films américains avec des voitures qui volent dans tous les sens, et si j'allais voir un film palestinien". Intervention Divine, donc. J'ai failli m'endormir au beau milieu. En vertu de quoi, donc ? Avec ses plans souvent larges mais simples, son goût pour le hors-champ et son humour à froid, Elia Suleiman n'est pas sans rappeler Takeshi Kitano, version moyenne orientale. Comme lui, il écrit, réalise et interprète ses films avec une économie de jeu qui passe pour de la distanciation, de la maîtrise. Allez savoir pourquoi, ça fonctionne moins bien en Cisjordanie qu'au Japon. Peut-être le fait que ce pays n'est pas en guerre. mais depuis Le Dictateur, chacun sait qu'il est possible de rire de tout. Alors quoi ? Manal Khader est sublime, sa traversée du check-point est un moment d'intensité filmique surpuissante, et certains gags produisent leur petit effet (celui du serpent, arf !). Pourtant, il faut lutter ferme pour rester attentif. Fatigué ou non, un film captive s'il est captivant. Et en l'occurrence, hum. Intervention Divine souffre peut-être du syndrome du "point de vue occidental". Nos esprits, quoique larges (souvenez-vous, les films de Van Damme) se trouvent bien déroutés une fois confrontés à des rythmes différents. Dommage, mais pour qui ?
Par zoom-Cinema.fr le 2 October 2002.
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