Et si on parlait d'amour
Critique du film

Affiche miniature du film Et si on parlait d'amour Affiche du film Et si on parlait d'amour
 


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Ciné : 17 April 2002

Genre : Documentaire.
Nationalité : Français

Critique du film Et si on parlait d'amour (2 / 10)

ET LA TENDRESSE BORDEL !

Attention ! Titre trompeur ! "Et si parlait d'amour" ne fait en aucun cas allusion à la tendresse ou aux sentiments (complètement éludés, hélas...), à contrario des films destinés aux adolescent de ces dernières années, aux titres racoleurs ("Sexe Intentions", "Sexe Attitudes") certes, mais dont le titre ne reflétait en aucun cas le contenu.

On imagine davantage dans le cas présent "Et la tendresse bordel !", "La vie sexuelle de catherine B." ou "Eloge de la partouze" pour définir l'objet du film.

Précisément, le documentaire de Daniel Karlin se concentre sur les partouzes et l'échangisme. En voulant dépeindre au travers de trois couples et d'une célibataire (Cathy Bouvard, célèbre journaliste lyonnaise dans l'hebdomadaire Lyon Capitale) l'évolution des mours de la sexualité des français, le discours de Karlin se teinte d'hypocrisie et de voyeurisme.

Pire : il voudrait faire passer des pratiques marginales pour un fait de société. Non que le spectateur ne veuille voir la réalité en face (les partouzes ne sont plus un tabou depuis Thierry Ardisson), mais comment ne pas évoquer la malaise d'une réalité crue ?

En vrac, vous pourrez voir dans ce pseudo-documentaire une vieille femme se faire commander par son mari pour pratiquer une fellation à un autre homme, une journaliste se faire sodomiser, un homme choisissant des cassettes pornographiques alors que ses enfants sont situés à proximité...

On imagine d'ailleurs la tête des journalistes de Lyon Cap' lors du retour de Cathy Bouvard après le visionnage du film.

Sous la volonté de décrypter un phénomène, se cache un réel problème : Karlin élude toute analyse, oublie de fournir des clés.

Le réalisateur délivre "une" réalité, qu'il voudrait faire passer pour "la" réalité, délivrée sans aucune distanciation.

L'intimité pour l'intimité n'a aucun intérêt. Cette dernière doit même être magnifiée pour présenter un minimum de curiosité. Il ne suffit pas d'asséner son interlocuteur de questions comme Claude Lanzmann (excusez-nous du parallèle malheureux) pour obtenir une analyse.

Comment ne pas percevoir également le "coming-out" de Cathy Bouvard pour un déballage, qui n'est pas mis en exergue ?

Le summum étant atteint dans la dernière partie, où Daniel Karlin, dans un élan voyeuriste n'hésite pas à filmer un couple d'handicapés en train de faire l'amour.

Le rire jaune, provoqué par la cocasserie de des scènes précédentes (ah, les zizis sauteurs manipulés par la grand-mère, quelle finesse...), se voit ainsi succéder par le malaise d'assister à une scène glauque et sinistre, qui touche à l'intime. A vomir.

L'hypocrisie de l'ensemble fait mal à voir, et mieux carrément mater une cassette porno que regarder ce documentaire qui n'en est pas un. A fuir.

H.T

Par zoom-Cinema.fr le 17 April 2002.

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