Critique du film Distance (7 / 10)
RESTONS GROUPES
Après le déluge d'effets virtuels de "Shrek" des studios Dreamworks, nous revoici en plein dans une réalité qui file le bourdon, avec la mort en sujet du jour.
Après "Pau et son frère" de l'espagnol Marc Recha, "Distance" du japonais Kore-Eda Hirozaku décrit une groupe d'adolescents dont des proches ont été victimes du massacre collectif d'une secte.
Formé au documentaire, spécialisé dans les traumatismes de la société, le réalisateur s'est inspiré du fameaux attentat au gaz sarin.
Il parvient à débattre du thème sans dénoncer les sectes ni accuser à tort et à travers.
A l'instar de Yang dans "Yi-Yi", les solitudes sont ici exacerbées par les métiers mécaniques. Résultat : personne ne sait quel sens donner à sa vie dans cette folie permanente et quotidienne.
La démarche de Kore-Eda est parfois plus ambigüe, quoique symbolique et parfois obscure : selon lui, les vivants sont aussi coupables que les bourreaux car ils n'ont pas su écouter les victimes quand ces derniers ont commencé à basculer.
Les relations humaines sont parfois trop éludées pour que le spectateur puisse saisir toutes les subtilités et l'implication des uns et des autres dans cette tragédie.
Néammoins, "Distance" demeure un bien beau film, dont l'objectivité fait la force (vérité) et la faiblesse (froideur).
Par zoom-Cinema.fr le 27 February 2002.
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