Schoenaerts : talent à suivre (8 / 10)
Jacky,
un agriculteur belge, s'apprête à passer un deal avec un trafiquant
au sein de la mafia d'hormones. Au même moment, un agent fédéral
est assassiné. Les problèmes commencent alors à s'accumuler et le
passé de Jacky ressurgit, laissant réapparaître des blessures
encore ouvertes.
Quand on entend belge, on a cette tendance à imaginer le rire, l'humour lourdingue, l'accent. Oubliez les idées reçues. Bullhead nous prend aux tripes. Avec son rythme tantôt lancinant laissant la caméra se perdre dans les paysages, tantôt foudroyant avec les scènes d'une rare violence, Michael R. Roskam signe un film d'une grande intensité. Plus que l'intrigue policière, on est happé par la sordide affaire impliquant des mômes que l'on retrouve adulte physiquement, mais enfant mentalement. Matthias Schoenaerts, la bête, celui a qui on a volé le droit d'être un homme est aussi bluffant que perturbant. Il nous subjugue par sa présence si douce alors qu'elle en impose la bête (sans jeu de mot). On pense à tout sauf à de la douceur, de la délicatesse. Et pourtant.
Si Michael R. Roskam réussit indéniablement son premier tour derrière la caméra, il convainc peut-être moins au niveau de l'histoire-même, tiraillé entre cette affaire de mafieux et celle de cet homme qui n'a pas réussi à s'affranchir de son passé. Il réalise malgré ce petit bémol un film qui ne laisse définitivement pas indemne.
Pour finir sur une note légère, une mention spéciale au duo de garagistes qui vient désamorcer lors de trop courtes séquences la tension parfois insoutenable d'images dures.
Par Tiffany le 20 June 2012.
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