Critique du film Avril (8 / 10)
IVRE DE LIBERTE ET DE PEINTURE
Balayez toute résistance.
Pour sa première réalisation Gérald Eustache-Mathieu emporte notre totale adhésion, confirmant les espoirs de ces deux premiers courts-métrages, dont Peau de Vache et La chatte andalouse, prix du public au festival international du court-métrage de Clermont Ferrand.
Estampillé film d'auteur, on pouvait craindre un véritable crise d'ennui, d'autant que le personnage central demeure une nonne. Alain Cavalier avec Thérèse avait donné le ton, c'est dire.
Mais dès le générique coloré en violet, véritable ode à la peinture, le spectateur est conquis.
Un enthousiasme pour ce film emplit de finesse, qui ne cessera de nous quitter.
Tout ici, sort de l'ordinaire. A commencer par les gags (le tourne-disque rayé avec les chansons de Christophe, les prières d'Avril fustigées par son frère et ses amis)
Une écriture recherchée, dont seraient bien priés de s'inspirer les réalisateurs contemporains baignant dans le conventionnel (Ivan Calbérac et On va s'aimer, pour ne citer qu'un seul long-métrage sortit à la même période, apparaît pour le coup bien banal en comparaison).
Sans omettre des idées de mise en scène (la peinture qui réapparaît dans la chapelle dans la dernière scène).
Et la connivence évident entre les jeunes acteurs, fait plaisir à voir.
Comme dans les meilleures oeuvres de Woody Allen, le rire côtoie les larmes. Un sans-faute, pour ce premier long-métrage attachant et créatif. Un cinéaste à suivre de très près.
H.T
Par zoom-Cinema.fr le 14 June 2006.
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