Description
George Clooney incarne un psychologue, Kris Kelvin, qui est envoyé sur une station spatiale afin de soulager les membres de l'équipage obsédés par la mort de l'un d'entre eux. Il découvrira que Solaris exerce un pouvoir étrange.
Comment vivre avec nos morts ? Si l'on songe aux Autres d'Amenabar, au Sixième sens de Shymalan ou à Sous le sable de François Ozon, on constate que c'est une thématique qui traverse le cinéma contemporain. Raviver le souvenir, survivre à l'être aimé, autant de thèmes propices aux effets poétiques dans le meilleur des cas, lacrymaux dans la plupart d'entre eux. De l'inventif et prolixe Steven Soderbergh – qui passe allègrement sans forcer son très grand talent de Ocean's Eleven à Full Frontal, en passant par Sexe, mensonges et vidéo ou Kafka –, il ne fallait s'attendre à rien de connu. Associé pour l'occasion à James Cameron pour la production, il s'empare de ces thèmes sous l'angle de la SF. Mais attention : une SF sans effets spéciaux, ou presque… Une sorte de SF dépressive, lente, douloureuse, nostalgique. Dominé par des tonalités bleutées et métalliques dans l'espace, ocres et chaleureuses sur terre, sa méditation sur la mémoire et le temps évoque le travail qu'aurait pu accomplir Alain Resnais à partir du même matériau. Plutôt qu'un remake du film réalisé par le Russe Tarkovski en 1972, le réalisateur de Traffic en propose une nouvelle adaptation et une lecture toute personnelle. Et c'est réellement bouleversant, à l'image du poème de Dylan Thomas qui irrigue en eaux profondes ce film de SF bien singulier, tenu de bout en bout par un George Clooney et une Natasha McElhone – Truman Show, Mrs. Dalloway – impeccables. --Sylvain Lefort